Aller au contenu

Comment répondre aux avis négatifs ?

Jérémie Werner

Fondateur de Conversion Club · ikko

Voir le profil

Réponse courte

Répondez à chaque avis négatif en public, vite et en quelques lignes : reprendre le problème, dire ce qui a été fait, proposer la suite en privé. Laissez l'avis en ligne.

La réponse en détail

Répondez à chaque avis négatif en public, vite et en quelques lignes : reprendre le problème, dire ce qui a été fait, proposer la suite en privé. Laissez l'avis en ligne. Masquer les mauvais avis tombe sous le coup du droit de la consommation, et ne solliciter que les client·e·s satisfait·e·s enfreint les règles de Google comme de Trustpilot.

Le repère

Davide Proserpio et Giorgos Zervas ont suivi des hôtels sur TripAdvisor avant et après leurs premières réponses (Harvard Business Review, 2018) : ceux qui se mettent à répondre gagnent en moyenne 0,12 étoile et reçoivent 12 % d'avis en plus. L'étude porte sur l'hôtellerie ; sur une fiche produit, la réponse est lue de la même façon par les personnes qui hésitent.

L'autre repère est juridique. La DGCCRF range parmi les pratiques commerciales trompeuses la suppression de tout ou partie des avis négatifs, ou le retard mis à les publier, passibles de deux ans d'emprisonnement et de 300 000 € d'amende. Depuis 2018, un site qui publie des avis doit aussi afficher leur date, ses critères de classement, ses motifs de refus et ses délais de publication et de conservation (INC).

La règle

Répondez en public, réglez en privé. La réponse s'adresse d'abord aux visiteur·euse·s qui la liront avant d'acheter : elle montre que la marque lit les avis, reconnaît ce qui est vrai et agit.

Les conseils de Google font une bonne grille de relecture : une réponse courte, polie, personnalisée, sans promotion ni information privée. Google ajoute un point souvent oublié : reconnaître une vraie erreur sans endosser ce qui ne dépend pas de vous. Par exemple, un colis égaré par le transporteur appelle des excuses et une solution, sans que la marque prenne la faute à son compte.

Les étapes

  1. Triez. Classez chaque avis négatif : produit, livraison ou service, malentendu (taille, usage), avis suspect. Les trois premiers cas appellent une réponse. Pour un avis suspect, faites un signalement motivé à la plateforme et laissez-la trancher.
  2. Désignez qui répond, et sous quel délai. Aucun texte n'impose de délai ; fixez-en un, par exemple deux jours ouvrés, et rédigez une charte de ton d'une demi-page.
  3. Répondez en trois temps. Reprenez le problème avec les mots de la personne, dites ce qui a été fait, donnez une adresse précise pour la suite. Exemple fictif : « Bonjour Claire, une semaine de retard sur un cadeau d'anniversaire, nous comprenons votre agacement. Le colis est resté bloqué chez le transporteur ; nous avons renvoyé la commande hier en express. Écrivez-nous à sav@votremarque.fr si elle n'est pas arrivée vendredi. Julie, service client. » Variez les formulations d'un avis à l'autre, comme le demande Google.
  4. Ne marchandez pas l'avis. Un geste commercial peut régler le problème. Il ne doit jamais servir à obtenir une modification : les règles de Google interdisent toute contrepartie offerte contre le retrait ou la révision d'un avis négatif, et les règles de Trustpilot toute pression pour le faire changer.
  5. Faites remonter les motifs. Chaque mois, transmettez les plaintes récurrentes aux équipes produit et logistique. Trois avis sur un modèle qui taille petit demandent de corriger le guide des tailles plutôt que d'écrire une quatrième réponse d'excuse.
  6. Contrôlez votre outil d'avis. Réglez le seuil d'auto-publication (la note sous laquelle un avis attend une validation manuelle) sur une étoile. Affichez les dates, publiez vos règles de modération, laissez visibles les badges de vérification. La fiche combien d'avis, et où les afficher détaille les mentions obligatoires.

Le piège

Sur le terrain des auteur·rice·s, le réglage qui revient consiste à filtrer au lieu de répondre. Un site de réservation de séjours ne gardait, dans son code, que les avis notés 8/10 ou plus : le bloc annonçait « 740 avis clients » sans note moyenne ni mention du tri. Chez une marque de prêt-à-porter masculin, les avis passaient par une approbation manuelle sans règles publiées, et une ligne de code (CSS) masquait les badges de transparence de l'application d'avis.

Une forme plus discrète agit en amont. Une maison de parfum de niche envisageait un questionnaire après achat qui enverrait les bonnes notes vers Trustpilot et les mauvaises vers le service client. Trustpilot interdit ce tri préalable, Google la sollicitation sélective d'avis positifs. Invitez donc toutes les personnes qui ont commandé, puis répondez à ce qui arrive.

Le filtre n'aide pas davantage la conversion. Selon le Spiegel Research Center (Northwestern University), la probabilité d'achat culmine sous la note parfaite et baisse à l'approche de 5,0.

La phrase à présenter

« Exemple fictif : notre application d'avis retient aujourd'hui 140 avis d'une à trois étoiles, ce que la DGCCRF qualifie de pratique trompeuse ; nous proposons de tous les publier, de répondre à chaque avis négatif sous deux jours ouvrés et de suivre pendant trois mois la note moyenne et la conversion des fiches concernées. »

Sources

Pour aller plus loin

Le Playbook répond court. Les articles du Conversion Club prennent le temps : méthodes, cas terrain et chiffres pour aller plus loin.