Réponse courte
Partez des collections : chaque fiche produit doit recevoir au moins un lien que Google peut suivre, et ce lien doit viser son URL canonique.
La réponse en détail
Partez des collections : chaque fiche produit doit recevoir au moins un lien que Google peut suivre, et ce lien doit viser son URL canonique, l'adresse officielle que la page déclare. Sur Shopify, trois réglages décident du résultat : la pagination des collections, le format des liens produit et les URL de filtres.
Le repère
Google demande que chaque page qui compte reçoive un lien depuis une autre page du site : une balise <a> avec un attribut href, et une ancre qui décrit la cible (« voir plus » ne décrit rien). Son robot ne clique sur aucun bouton. Si votre collection se charge en défilement infini sans exposer de lien vers ?page=2, tout ce qui suit la première page lui échappe.
Sur le terrain des auteur·rice·s, une maison de chaussures haut de gamme chargeait ainsi la suite de ses collections, sans lien vers la page suivante : Google ne voyait pas les produits placés plus bas. La correction était estimée à une demi-journée de développement. Une marque de prêt-à-porter masculin avait le même défaut, dû à un script tiers.
Un produit Shopify peut aussi exister à deux adresses, /products/nom et /collections/collection/products/nom. La seconde vient du filtre within de Liquid, le langage des thèmes Shopify, et Shopify précise que les deux pages portent le même contenu. Or Google demande de lier l'URL canonique. Dawn et Horizon, les thèmes gratuits de Shopify, lient déjà /products/ ; le risque tient aux thèmes anciens ou tiers.
Chaque filtre, enfin, ajoute un paramètre à l'URL de collection, du type ?filter.v.option.color=red. Google conseille de bloquer ces URL dans le robots.txt, le fichier qui dit aux robots où aller, quand elles n'ont pas à être trouvées. Relevé sur des boutiques en ligne en octobre 2026, le robots.txt par défaut de Shopify bloque déjà les tris et les combinaisons de deux filtres ou plus, mais laisse explorer les URL à filtre unique.
La règle
Gardez trois niveaux (accueil, collections, produits), reliés par vos contenus, pour qu'aucune fiche ne dépende d'une seule collection ni n'attende en sixième page.
Décidez ensuite quelles combinaisons de filtres méritent d'exister comme pages. « Robe rouge » peut justifier une vraie collection, avec titre, texte et URL propre ; « robe rouge en lin, taille 38, à moins de 80 € » restera un filtre, tenu à l'écart de l'exploration.
Ne comptez que les liens présents dans le HTML que Google reçoit. Les blocs de recommandations de Shopify sont chargés en JavaScript depuis /recommendations/products, une adresse que le robots.txt par défaut interdit d'explorer : utiles pendant la visite, ils restent hors du maillage.
Les étapes
- L'inventaire. Passez la boutique dans un outil d'exploration comme Screaming Frog, listez les fiches sans lien entrant et vérifiez que chaque collection lie
?page=2par un<a href>. Le sitemap de Shopify, généré automatiquement et non modifiable, ne remplace pas ces liens. - Les liens produit. Cherchez
within: collectiondans le code du thème. S'il apparaît dans la grille, faites remplacer{{ product.url | within: collection }}par{{ product.url }}, d'abord sur une copie du thème. - Les filtres. Dans Search Console, ouvrez Paramètres puis Statistiques sur l'exploration (intitulés relevés en octobre 2026) et regardez si des URL contenant
filter.dominent les exemples. Si elles n'apportent ni visites depuis Google ni ventes, sauvegardez votrerobots.txt, puis créez le modèlerobots.txt.liquiddécrit par Shopify, avec cette règle pour tous les robots :
{% for group in robots.default_groups %}
{{- group.user_agent }}
{%- for rule in group.rules -%}
{{ rule }}
{%- endfor -%}
{%- if group.user_agent.value == '*' -%}
{{ 'Disallow: /*collections/*?*filter.' }}
{%- endif -%}
{%- if group.sitemap != blank -%}
{{ group.sitemap }}
{%- endif -%}
{% endfor %}
Comparez ensuite le fichier publié avec votre copie.
4. Les collections utiles. Créez une vraie collection, avec un texte d'introduction, pour chaque combinaison réellement recherchée (type et matière, type et usage). Rangez-les avec la méthode de la fiche Comment savoir si mes client·es trouvent mes catégories ?
5. Les liens entre fiches. Sur vos meilleures ventes, ajoutez deux à quatre liens vers des produits complémentaires, écrits dans le HTML de la page : une ligne « à porter avec » dans la description, ou un bloc alimenté par un métachamp de type référence produit.
6. Les contenus. Pour chaque collection principale, rédigez un guide qui la lie par une ancre descriptive et cite deux à cinq produits phares.
Le piège
Contre le doublon within, on est tenté de passer les URL « dans une collection » en noindex ou de les bloquer dans le robots.txt. Google le déconseille : le robots.txt ne désigne aucune version officielle, et une URL bloquée peut rester indexée sans son contenu. La correction se fait dans le thème, à l'étape 2.
Avant la migration d'une maison de luxe, son expert·e SEO décrivait un maillage enrichi chaque année depuis plus de quinze ans, dont certains choix n'étaient plus compris de personne. Un nouveau thème peut réintroduire within ou le défilement infini, une appli de filtres changer le format des paramètres, sans que rien ne le signale. Ajoutez ces trois contrôles à votre liste avant une refonte Shopify.
La phrase à présenter
« Google a exploré 18 000 URL filtrées le mois dernier pour 900 produits, et nos collections ne lient pas leur deuxième page : je propose deux corrections pour ramener l'exploration vers nos vraies pages. » (chiffres fictifs)
Sources
- Rendre vos liens explorables, Google Search Central
- Pagination, chargement progressif et recherche, Google Search Central
- Filtre Liquid within, Shopify
- Consolider les URL en double, Google Search Central
- Storefront filtering, Shopify
- Gérer l'exploration de la navigation à facettes, Google Search Central
- Related products, Shopify
- Trouver le sitemap, aide Shopify
- Rapport Statistiques sur l'exploration, aide Search Console
- Personnaliser robots.txt, Shopify
